Risque

mercredi 17 février 2016, par puiseux

Le risque est une exposition à un danger potentiel, inhérent à une situation ou une activité.

La cindynique (du grec ancien κίνδυνος / kíndunos, danger) regroupe les sciences qui étudient les risques.
Son objectif est de répondre aux questions :

  • Comment identifier le risque ?
  • Comment le mesurer ?
  • Quelles en sont les conséquences ?
  • Comment le contourner ?

Peut-on vivre sans risque ?

Voilà une question qu’il n’est pas de bon ton de se poser, sauf dans quelques milieux marginaux.

Actuellement, dans la société française, il semble acquis, évident, indiscutable, que la sécurité est l’aspiration du plus grand nombre. La sécurité tous azimuth, la sécurité sociale, du travail, routière, dans les banlieues, dans les hopitaux...
Que l’on me propose de vivre en sécurité, de ne plus être soumis à la violence arbitraire des hordes de barbares, j’applaudis des deux mains. (Pour moi les hordes de barbares du 21ème siècle sont les ultra libéraux qui demandent moins de lois pour mieux pouvoir essorer nos porte-monnaies)

Mais je vois un glissement pernicieux vers la sécurité obligatoire.
On ne nous propose plus le sécurité, elle nous est imposée. Ceinture de sécurité, sécurité sociale, retraite, ...

Lorsque vous traversez en voiture, une voie ferrée, que regardez-vous en priorité ? Si le train arrive ? Bien sûr que non !! Vous regardez si la barrière est fermée, si le feu est au rouge, éventuellement si les gendarmes rôdent, le train vous allez le regarder s’il vous arrive dessus, trop tard, donc.

Et voici un vrai problème. Nous ne sommes plus en charge de notre sécurité, nous avons délégué nos problèmes de sécurité à l’état bienveillant et présumé compétent, avec obligation de résultat. Obligation qui amène inéluctablement à l’éradiquation de la prise de risque.

La prise de risque n’a pas bonne presse. Des fous, des casse-cous, qui coûtent cher à notre société. Il faut les empêcher.

Vouloir supprimer le risque c’est signer l’arrêt de mort de notre société. N’oublions pas qu’un jour, nous avons pu profiter de la chaleur du feu parce qu’un fou à risqué la mort par brulûre pour le domestiquer, qu’aujourd’hui nous pouvons nous déplacer en avions parce que "ces merveilleux fous volants..."

qui risque quoi ?

  • Le guide, de père en fils, qui risque un peu plus que le français moyen, mais n’a pas l’impression de risquer puisque c’est son ordinaire.
  • Le jeune des montagnes audacieux, vivant dans un milieu déjà plus versé sur le risque que la moyenne, élève encore le niveau la prise de risque, et embrasse une carrière exceptionnelle s’il survit, ou devient un mythe, comme Boivin, Marco Siffredi
  • Le jeune citadin ébloui par un films de Rébuffat, qui vient se risquer en montagne, dans des voies souvent trop dures. Sur lui on jette souvent l’opprobe, on devrait plutôt l’admirer en secret pour sa force de caractère.
  • Le financier hardi qui jette trois sous sur la table pour aider au développement équitable prend un risque que je qualifierais pas.

Le risque-tout, devrait être encouragé, érigé en héros, un ministère et un budget risque devrait être mis en place. Une société qui n’encourage pas ses audacieux est moribonde.

Nous faisons fausse route, ca n’est pas la sécurité qui devrait être financée, mais le risque et l’audace. La démagogie


Re : [guides] Rappel : Rencontre avec Werner Munter - réduire le risque d’avalanche

Le titre est dramatiquement ambigu : la méthode Munster ne réduira pas le risque d’avalanche.
Le risque d’avalanche est ce qu’il est.
Tout ce que cette méthode peut essayer de réduire est la probabilité de se trouver au mauvais endroit.
La nuance est de taille, car ce genre d’ambiguité conduit inéluctablement à chercher des responsabilité où il n’y en a pas.
Que le CAF se laisse piéger par ce langage trompeur ne m’étonne qu’à moitié.
Que Werner Munter (que je ne connais pas) tombe dans le panneau me parait assez suspect, à moins que ca ne soit un problème de langage.

Le texte du mail original est plus précis ; il parle de
>faire avancer la prévention du risque d’avalanche et de réduire le
>nombre d’accidents.
Ce qui est nettement plus sérieux !

Ca me rappelle une anecdote : un platane malade s’est effondré sur la place d’un village, lors d’une tempête, tuant une personne agée. Le journaliste de de France-Inter annonce alors le plus sérieusement du monde qu’une enquête de gendarmerie est ouverte pour établir les responsabilités.


de : bruno pellicier
[guides] TR : [guides] Rappel : Rencontre avec Werner Munter - réduire le risque d’avalanche

Objection cher Pierre !

Le risque est une exposition à un danger potentiel, inhérent à une situation
ou une activité ; ou encore : le risque est la probabilité d’occurrence d’un
évènement non désiré.
Concrètement dans notre affaire "le danger c’est l’avalanche", le risque,
c’est le fait de s’exposer à l’avalanche et ceci d’autant plus que l’on peut
être le déclencheur de l’avalanche.
On peut évaluer le risque, on peut décider de ne pas s’exposer ou de limiter
l’exposition en appliquant une méthode de réduction. On peut décider d’aller
ou pas dans une pente. Si on y va, on peut réduire le risque en appliquant
encore une fois une méthode. le degré de risque n’est pas le même suivant le
mode de progression : Cinq personnes à la queue leuleu ont plus de chance de
déclencher une avalanche que le même nombre de personnes avec de grand
espacement.
De plus la conséquence d’un déclenchement d’avalanche ne sera pas la même
dans les deux cas.
Cela prouve bien qu’une action humaine peut réduire le risque qu’un
évènement arrive, et peut aussi en réduire les conséquences, d’où "une
méthode de réduction du risque "
Pour être plus précis encore : je pense qu’on peut dire tout à la fois qu’il
s’agit d’une "méthode de réduction du risque d’avalanche" et/ou "d’une
méthode de réduction du risque d’accidents en avalanche".

Il serait dommage, sous prétexte d’une éventuelle ambiguïté, de s’interdire
d’aller échanger avec Munter et les Cafistes. Au pire ça sera l’occasion de
lever définitivement l’ambiguïté et de vérifier la concordance entre le
français français et le français fédéral ...

Bonne soirée
Bruno
info@bruno-pellicier.com


reponse :
Bruno,

évidemment, cela dépend de ce qu’on entend par "risque d’avalanche".
Pour toi il s’agit du "risque de s’exposer à l’avalanche", mais il me semble l’expression "risque d’avalanche" en soi indique plutôt la "probabilité" pour qu’une avalanche se déclenche, indépendamment du fait qu’il y ait du monde dessous ou pas.
L’usage dans les bulletins d’avalanche de météo France est de noter le ’risque’ de 1 à 5, sans référence à la présence d’individus au voisinage(1). Ce risque-là est une probabilité.
Remplaçons donc le mot risque par le mot probabilité, plus neutre, moins dramatique.
Il me semble clair que la méthode Munter propose une évaluation de la "probabilité d’avalanche" mais que les méthodes de "réduction du risque d’accident" sont d’une autre nature et ne forment pas le coeur de cette méthode (espacement des skieurs, choix de l’itinéraire).
Sauf, bien sûr le renoncement proposé par la méthode, qui réduit la probabilité de déclenchement ET le risque d’accident.

Mais en ces temps où il nous est suggéré d’être marchands, travailleurs, de droite sans complexe, sans repentance ni état d’âme, je crois Werner Munter trop impliqué dans la vente de son livre pour que cette ambiguïté entre "réduction de la probabilité d’avalanche" et "réduction du risque d’accident par avalanche" soit tout à fait innocente.

En réalité, il me semble qu’on est à peu près d’accord (toi et moi). C’est simplement l’usage généralisé du mensonge et de l’équivoque, pour vendre, qui me hérisse le poil.
Je ne discute pas du bien fondé de la méthode Munter comme détecteur de probabilité d’avalanche.

Je voulais venir t’écouter parler du risque à Toulouse lundi soir, malheureusement mes cours reprennent juste ce jour-là.
(Cours qui ne sont pas sans rapport avec les avalanches puisqu’il s’agit de systèmes dynamiques, de chaos et de turbulence !!)

Cordialement,
Pierre
(1)Lorsque la présence humaine ou animale est évoquée, il y est fait la distinction entre à des déclenchements "spontanés" ou "par surcharge" me semble-t-il.

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