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Traversée du Bergon en hiver

mardi 14 janvier 1997, par puiseux

Au hasard, je retrouve cet article que j’ai écrit en 97. Je le retranscris ici

Pic de Bergon en traversée (2148m)

Accès : Accous, puis vers l’est, prendre la route qui s’engage dans le vallon de la Berthe jusqu’à la Chapelle Saint Christau. Si la route est dégagée, il est possible de monter par une piste sur les flancs sud de Bergout jusqu’à la cabane de Bergout.
Difficultés : A éviter absolument après une chute de neige, il faut impérativement attendre que les pentes sud de Bergout, Lourtica et du Bergon soient purgées ce qui nécessite quelques jours tout au plus. Dans le cas contraire, de grosses avalanches sont à craindre dans l’après midi.
Par contre il faut que l’enneigement soit conséquent puisque la course se déroule entre 1700 m et 2150 m.
Il faut utiliser les mains tout le long et la chute est toujours interdite, de grands couloirs et toboggans, des barres de rochers, plongent à droite et à gauche de la crête.
Matériel : piolet, crampons et corde, pitons(20 m )

Période recommandée : dès que l’enneigement est suffisant et que les flancs sud sont purgés (décembre-février)

Dénivelée:1250m depuis St Christau, 1000m depuis la cabane de Bergout.
Horaire:6 à 8heures
Carte:IGN (au 1:25000) 1547 Ouest ou TOP35 N°1546
Niveau:Escalade (pour montagnards chevronnés)
Date : 14 Janvier 1997

Parcours :

Rendez-vous ce matin à 6 h 15 à Accous avec Christian Ravier pour aller tenter
la traversée Bergon-La Marère que je lorgne depuis un moment, à vrai dire depuis que j’ai survolé le Bergon en parapente. En été c’est un tas de cailloux, mais en hiver...
Nous posons la voiture à la Chapelle St Christau (800 m) après avoir tenté sans succès de passer par la route du fond de la vallée de la Berthe.
A 7 h 30, nous sommes partis dans les pentes sud de Bergout, pour rejoindre le lieu dit "le décollage 500" puis la crête de Lourtica à 1725 m (10 h).
L’arête du Bergon part à plat devant nous vers l’est. Nous chaussons les crampons pour la suivre jusqu’à une zone de rochers noirs au niveau de laquelle nous empruntons un couloir évident qui part droit au dessus. Nous rejoignons l’arète un peu plus haut, lorsque le couloir y mène. Puis nous continuons à toute crète jusqu’au sommet (2148 m) que nous atteignons vers 12 h.
L’ambiance est grandiose l’arête très aérienne, impressionnante par moment.
Au sommet il fait beau, un peu de vent nous rafraichit et nous mangeons un morceau en lorgnant sur l’éperon de la Marère qui fait suite.
Il va falloir s’employer, sortir la corde, les pitons et tout le saint-frusquin ! Il semble qu’après deux ou trois longueurs le terrain devienne plus praticable.
Mais il est déjà tard et je suis partisan de redescendre. Christian est comme à son habitude insolament optimiste "si, si, on y va, il y en a pour un heure, pas plus". Nous attaquons la descente du Bergon, direction La Marère ; corde ou pas corde ? Pas de corde finalement, çà ressemble beaucoup au terrain de la montée et c’est sans grande difficulté mais réclame une attention soutenue durant une heure.
L’accès de l’Osque de Ponce (1943 m) au pied de l’éperon de La Marère est délicat et nous nous encordons. Christian commence la première longueur, çà caille fort, et l’onglée est là. Pitons, coinceurs, c’est long. Il est 14 h lorsque j’atteins le premier relais, et il reste manifestement au moins trois longueurs avant de prendre pied sur un terrain praticable. Je suis toujours partisan de redescendre, pour Christian, il n’en est pas question et il attaque la seconde longueur pour se faire une peur bleue dans des pas en dalle, sans assurance sérieuse. Il est 14 h 45 et nous manquons de pitons (j’en ai laissé un dans la première longueur), il nous reste toujours deux longueurs dures, puis au moins deux heures pour le sommet, peut être ressortir la corde pour ce passage là-haut, puis la traversée et la descente, c’est le bivouac assuré ! Christian finit par s’incliner devant la réalité et nous attaquons les rappels de la descente.
Nous prenons pied dans un magnifique couloir, le ravin de Boulistre, bordé de falaises
sculptées et torturées, c’est grandiose. Un couloir à faire à ski, un des plus beaux couloirs que je connaisse, assurément. Pente 40° à 20 °, neige froide pas d’avalanche apparemment. Je reviendrais.
La fin de la descente est sans histoire si ce n’est que nous évitons la fin du couloir par des pentes herbeuses très raides à droite pour finir dans un autre couloir plus débonnaire dans lequel nous trouvons les restes d’une avalanches impressionnante qui a tout raboté. Il n’est pas certain que le ravin de Boulistre puisse se descendre intégralement, il faut aller y voir.

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