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Les Phalliques, actes III et IV

jeudi 25 mai 2006, par puiseux

ACTE III, scène 1 (Prépus et Tréponème)

Prépus Au diable les soudards, ivrognes et beuglards.
Ils ne respectent rien, répandent le bazar.
Tréponème, soi-disant triomphant général
Dans l’armée du Phallus en complet carnaval…

Tréponème …C’en est trop, je vais tous les ratatiner,
Pour commençer les prêtres et les efféminés.
Ce répugnant Prépus est vraiment triste sire,
Je vais au plus vite me le circoncire.

(ils se voient)

Prépus Qu’est-ce que, quoi…

Tréponème … qui ça, où donc…

Prépus … pourquoi, mais, euh…
Salut à toi, o grand guerrier devant les dieux.

Tréponème Je te salue aussi. Que fais-tu ici-bas ?
Les affaires terrestres ne te dégoûtent pas ?

Prépus Je vaqu’ aux affaires de mon maître, Phallus.

Tréponème Affaires de cour, de cœur, d’amour ou d’anus ?

Prépus Qui es-tu pour juger des actes de ton seigneur ?

Tréponème Celui qui pourrait bien ne plus en avoir peur !

Prépus On dit que la vraie peur est bonne conseillère.

Tréponème C’est parfois du confident qu’il faut se méfier,
De celui qui aide l’ami dans le malheur
En lui enfonçant une lame dans le cœur.
Mais ce propos ne te concerne pas, Prépus !

Prépus Comme tous les soudards, tu n’as pour seule amie
Que ton épée, parfois couchée dans ton lit.
Mais tu es au-dessus de ça, toi, Tréponème !

Tréponème Laiss’ mon épée où elle est, face de carême.
Mes poings suffiraient largement à te rosser.
Essayons donc plutôt de nous bien associer :
Phallus est aussi enflé et respectable
Qu’un vulgaire et obscène poupon gonflable.
Notre roi est eunuque, une moitié de roi.
Son royaume ne tient plus qu’à un fil, crois-moi !
Tu tiens la ville et moi l’armée qui gronde.
Nous pouvons à nous deux lui voler son monde.

Prépus Comment faire ?

Tréponème … tu es le confident aimé,
Celui qui sait toujours où Phallus est couché.

Prépus Et alors ?

Tréponème … trouve-le moi et je saurai agir.

Prépus Qu’offres-tu en échange ?

Tréponème … tu es le vizir
D’un petit royaume. Tu deviendras gourou
D’une secte immense adorant le Grand Tout.

Prépus Une offre alléchante, si elle inclut pas mal
De vierges en chaleur, coulantes vestales,
Bien dévouées à moi, fervent prêtre d’Eros.

Tréponème Alea jacta est, à nous trois, Paphos !

ACTE III, scène 2 (Sotopine, Suspénis)

Sotopine O toi, Suspénis, toi ma sœur jouimelle,
Nymphette adorée, concentrique rivale.
Je ne te déteste plus, juteuse mangue,
Élève assidue en maîtrise de langue.
Depuis que Phallus, mon époux, ton amant,
A perdu l’objet de notre ancien différend,
Nos foufounes confluent en plaisirs infinis.

Suspénis Nous flottons, il est vrai, en joyeux paradis,
Grâce à Anticoït, qui nous fait tant d’effet.
Mais elle propose aussi de tout mettre sous clef.

Sotopine Sans doute ne serons-nous jamais plus belles
Qu’avec un cadenas doré sous la dentelle,
Écrin inviolable qui ornerait nos cuisses
À l’endroit précieux où la peau est si lisse.

Suspénis Il est juste que notre maîtresse vénérée
Garde pour elle seule l’accès à nos fesses,
En cachant joliment nos vertus convoitées.
À peine converties, nous voilà à confesse !!
Nous serons enchaînées en tendre galère
Pour lui réserver nos enivrants mystères.
Qu’un hymen de fer renforce ma chasteté !
Pour tout autre que vous deux, ma chatte se tait.
Mais justement, quand on parle de la louve…

ACTE III, scène 3 (Anticoït, Sotopine et Suspénis)

Anticoït …On s’envoie la queue !

Sotopine … Maîtresse, le feu couve
Dans tous nos cratères, par vous réveillés.

Suspénis Notre lave bouillonne, jusqu’à nous oppresser.
Venez vite y plonger, et la langue et le chef.

Anticoït Pour vos éruptions, cherchez un autre Tazieff !
Il n’y a pas que pour vous que ça sent le cramé.
Phallus furibond me pourchasse en ce palais.
Il n’oublie pas sa circoncision élargie,
Ne me pardonne pas de l’avoir raccourci.
Il m’a traitée de darivore, bitophage,
Sécateuse de bambou, anthropophage,
Sadomaso dangereuse et féroce,
Archicoupable de pinectomie per os,
Cannibale, croqueuse de stalagmite,
Dévoreuse, amazone hétéroclite.
Je crains sa vengeance. autant que de vous perdre.
(elle leur tend à chacune une ceinture en ferraille)
Au moins vos vertus, à l’abri, je vais mettre.

Sotopine Nous ne serons jamais qu’à toi, rein’ des gousses !

Suspénis Pour toi seulement, nos très lubriques secousses !

Anticoït Je devrais m’exiler, retourner à Paphos.
Mais. j’aperçois Clito, servante véloce.
L’écouter en douce me soufflera sans doute
L’idée d’un ultime méfait, pour la route.

ACTE III, scène 4 (Clitoris, seule)

Clitoris O, dieux de l’Olympe, qui voyez ma détresse,
Venez à mon secours et pensez à mes fesses.
Considérez mon pauvre destin de soubrette,
Qui jamais, sur la royale quéquette,
N’eut aucun autre droit qu’un regard platoniqu’.
Le peuple murmure que son grand sachem
N’est plus que le socle de son ancien totem.
Maint’nant qu’elle est tombée, la poutre phallique,
Se sont évanouis tous mes rêves secrets.
Ma vie ne vaut plus rien, je ne suis que regrets !
Fallait-il vraiment qu’on l’amputasse,
Et que mes fantasmes, dorénavant, s’amassent ?
Mais je sais qui app’ler, pour qu’il reste un espoir :
La puissante Vénus, que je suis seule à voir !
Oui, toi, Vénus, que l’on nomme aussi Aphrodite,
Voudras-tu à Phallus rendre sa belle bite ?

ACTE III, scène 5 (Vénus, Clitoris)

Vénus Le trente-six-quinze Ulla tu as composé,
Mais la connexion est vraiment trop encombrée.
Tu as une bonne raison, je suppose,
D’invoquer mon apparition à Paphos ?

Clitoris Pardonnez mon audace, voyez le problème :
Le beau roi Phallus, victorieux conquérant,
Se voyait déjà revenir triomphant
Dans son palais douillet et son brûlant harem,
Mais une chienne vaincue, sans doute enragée,
A traîtreusement mordu notre roi…

Vénus … je sais.
J’ai d’abord vibré aux exploits de ses armes,
Sur son vil moignon versé quelques larmes.
Mais après tout, il n’a que ce qu’il méritait !
Il s’est trouvé puni par où il a ….

Clitoris … pitié !
Oh oui, Vénus, pitié pour moi, pardonnez-lui
Tout’ ses erreurs passées, les femmes à sa merci.
Son superbe instrument il faut qu’on lui rende,
Pour qu’il redevienne enfin chef de bande.

Vénus Tu veux vraiment que je lui rende virilité ?
Clitoris L’ordre public, à Paphos, a périclité
Depuis que Phallus est passé de voile à vapeur.
Ses santés, anale et mentale, me font peur.
Son orgueil, cannibalisé par Anticoït,
Dépend maint’ nant de vous, déesse Aphrodite.

Vénus Tu m’as convaincue, j’accepte, vu son courage,
De réparer des dents l’irréparable outrage.
Mais il va devoir mériter la reconquête,
Signer contrat pour sa nouvelle zézette.

ACTE III, scène 6 (Phallus et Vénus)

Phallus Comment trouver ici un véritable appui,
Soulageant par des mots mes douleurs ennemies ?

Vénus De quoi peux-tu te plaindre, toi Phallus noble roi,
Aimé des dieux, forçant les femmes à l’émoi ?

Phallus Justement, des vraies femmes j’ai la nostalgie.
Des odeurs d’hymens et d’orgasme, je veux ici
Pouvoir comme avant user, et même abuser.
Mais qui es-tu donc pour ainsi m’interroger ?

Vénus Me reconnaîtras-tu, toi qui comme papa,
Éjaculait les éclairs ?

Phallus … Vénus ici-bas !!!

Vénus Relève-toi et prends bien soin de m’écouter.
Tu désires vraiment ton bâton retrouver ?

Phallus Oui déesse !

Vénus … alors tu dois le mériter.

Phallus A tes pieds, pour cela, je suis prêt à me rouler…
Je ne peux plus vivre sans mon énorme nœud,
J’étais bien plus heureux du vivant de ma queue !

Vénus Tu connais sans doute les travaux ridicules
Accomplis par celui que l’on nommait Hercule ?

Phallus Oui ( ?)

Vénus … eh bien, pour retrouver ta belle banan’,
Des épreuves, pour moi, il faudra que tu gagnes.

Phallus Lesquelles, o ma déesse ?

Vénus … de grands nettoyages,
Des combats, des poursuites et des ramonages.
Il faut d’abord, Phallus, pour bien ouvrir le bal,
Punir Anticoït, la reine cannibale.
Ensuite, aux amazones que sont tes femmes,
Il te faut enlever les ceintures coupe-charmes.
Des prétendus amis tu devras te méfier.
Car ton beau royaume, ils voudront le voler.
Tu devras combattre les plus grands animaux :
Le sanglier, le lion et même le taureau.
Des enfers du malin, il faudra ramener
Testicule, par tous les diables ramoné.
D’une seule foulée tu devras rattraper
Celle qui, par amour, a bien trop supporté.
Pour nettoyer les âmes, dans la vile Paphos,
Il faudra sans détour s’atteler pour finir.
Couper, épurer, laver, tuer puis souffrir,
Pour qu’enfin je te laisse récupérer ton os.

Phallus Comment faire tout ça, vu mon sinistre état ?
Sans mon polar d’antan, hélas coupé à ras.
Cet ithyphalle célèbre dont l’unique vision
Faisait courber les têtes, déchaînant des passions.

Vénus Certes, il te faut pour remplacer ton instrument,
Un kit complet pour redevenir étalon.
Mais pour les douze exploits dont tu t’acquitteras,
D’un simple bout de bois, tu te contenteras.
Si de chaque épreuve, en vainqueur, tu ressors,
Lors le bois et la chair reprendront du ressort.

(Vénus quitte la scène, laissant Phallus très songeur).

Acte III, scène 7 (Sphincter, Phallus puis Testicule)

Sphincter Toi ici, noble roi, dont le cul est à moi,
Pour combler tes désirs, j’étais là, dans l’attente.

Phallus Si tel est ton destin, reste donc une tante !

Sphincter J’assume tout çà ! mais toi, tu deviens folle ou quoi ?
Ce palais, de Paphos, tu en restes le maître,
Mais je serai toujours derrièr’ toi pour te mettre.

Phallus Profites promptement, ça n’ s’ra pas éternel.
Les dieux ont vu mon sang, entendu mes appels.
L’un d’entre eux est venu, en déesse pour m’aider.
Vénus m’a fait une offr’ qui pourrait tout changer.

Sphincter Quoi qu’il advienne de toi, cher et tendre Phallus
Je compte bien rester, homo… homo-érectus,
Je n’ai jamais eu peur d’etre trop ridicule,
Ni craint la solitud’ comme ce pôv’ Testicule.

(Testicule entre en douce)

Testicule La ville de Paphos n’est que fornication,
Mon cœur et mon p’tit cul crient la désolation.

Sphincter
(double jeu)
à T : Que viens-tu faire ici, chercher la renoncule ?
Laiss’ moi ton numéro, j’appellerai ton cule.
à Ph. : Ecoute bien, minet, je suis ton seul amant.
Mais ne l’oublie jamais, je reste dominant.

Phallus Band’ de tantouz’, vraiment vous me saoulez !
à Sph. : Ménage ton mignon, il pourrait nous aider.
à T. : Testicul’, toi qui fourres tes fesses et tes oreilles
Partout en ce palais, connais-tu les nouvelles ?

Testicule à Ph. : Paphos est un boxon, ton palais baisodrome.
Tout finira en flammes ainsi que dans Sodome.
Et quant à Sotopine, au cul le feu l’habite
Depuis qu’elle est privée du jeu de votre bite.
De plus il y a complot : Prépus et Tréponème
Mijotent une cabal’… mais je vous vois tout blème

Sphincter Qu’ouïs-je, qu’acoustiquai-je, un putsch se prépare
Il paraît que Phallus va redresser la barre ?
Mes actions en baiss’ tout au fond de mes bourses,
Je dois changer d’ montur’ pour rester dans la course.
à T. : Ah mon cher Testicule, tu as d’ beaux yeux tu sais…
Ainsi qu’au bon vieux temps, voudrais-tu me sucer ?
à Ph. : En attendant de jouir, je vous supplie de croire,
O mon grand souverain, en l’humble expression
De ma respectueuse et fidèle contrition,
Dans l’ombre complice de votre future gloire. 

ACTE III, scène 8 (Vénus, Prépus et Clitoris)

Prépus Je ne l’espérais pas, lorsqu’on m’a annoncé
Que la très sage Vénus m’avait fait demander.
Vous voilà, parmi nous, méprisables mortels !

Vénus Plus question de minous mais de vraie chirurgie.
Tu es prêtre et sorcier, donc manies le scalpel.

Prépus Je pratique surtout en ébénisterie…

Vénus Il s’agit justement d’une prothèse en bois,
Tu sais certainement ce qu’a perdu ton roi.

Clitoris, l’hydromel en guise d’anesthésiant,
Ensuite, vous lui ferez passer les instruments.

Clitoris Je tiendrai le tenon, il fera la mortaise.
Cela va me valoir une vraie bonne… thèse.

Vénus Bien, par quoi commencer !

Clitoris … du bois noble il nous faut.
Très beau, très rich’, très liss’, très raide et sans défaut.

Clitoris Un bois dur et précieux, de l’ébène peut-être.

Prépus Il vaut mieux un bois blanc, pour durcir son bien-être.

Clitoris Ce serait bien plus simple avec un bois bandé,
Un grand poteau viril, solide et bien planté.

(Phallus entre, déjà bien imprégné d’hydromel, et se couche sur la
"table d’opérations").

Vénus Maintenant, opérons. Moi, déesse Vénus,
Je voudrais qu’il mérite son beau nom de Phallus !
(elle se tourne vers Prépus)
et fais très attention aux lames de scie qui rouillent.

Phallus (qui se relève très inquiet du billard)
Ne va pas me flanquer un tétanos des couilles !

(Dans le noir qui se fait, des bruits de perceuse et d’égoïne suggèrent
l’intervention chirurgicale).

FIN DE L’ACTE III

ACTE IV, scène 1 (Phallus)

(Les autres protagonistes apparaissent un par un à l’appel de leur nom,
disent leur tirade et s’en vont pendant que Phallus mime grotesquement
le récit fait par Sphincter. En arrière-scène, Vénus masquée arbitre
sans un mot jusqu’au final, c.a.d qu’elle compte avec les doigts levés
les travaux de Phallus-Hercule).

Phallus Qu’il est bon de sentir à nouveau se dresser
Au nœud de mon pubis une présence oubliée.
Être ou bien ne pas être, n’est pas la vraie question…
En avoir ou pas est ma préoccupation.
A partir d’aujourd’hui, je vais montrer à tous Que je suis le seul roi, que je n’ai pas la frousse.
Et tel le dieu Eros, je ferais dans leur pieu,
hurler de jouissance ces chiennes z-à mes jeux.
Oui ma belle Vénus, envois donc tes épreuves,
Bientôt à mon phallus, je veux que tu t’abreuves !

ACTE IV, scène 2 (Phallus, Anticoït)

Anticoït Quel émouvant spectacl’ que celui d’un vieux roi
s’en allant au combat avec son glaive en bois !

Phallus Mais quell’ outrecuidanc’, lubrique et vile esclav’.
Tu oses me narguer, ici, en ce palais !
Je t’exile à Lesbos, immonde petite larve, ? ?
Ma première victoir’ je pourrais afficher.

Anticoït Un bel exploit, vraiment ! Je n’ te crains pas, barbare.
J’aurais dû te finir tout cru, et en tartare.
Ou bien , du chirurgien, un peu forcer la main.
Tu serais maintenant transsexuel, enfin !
C’est pas toi qui me chasses, simplement je te quitte. 1
Mais j’aperçois Sphincter, biographe de ta bite…

ACTE IV, scène 3 (Phallus, Sphincter)

Sphincter Ta vaillance précèd’ mon vif empressement. 
Je venais au plus vite admirer ton élan,
Pour graver dans le marbre ta royale épopée
Celle qui traversera espaces et années.

ACTE IV, scène 4 (Phallus, Sphincter, Sotopine et Suspénis)

L’ogresse est en fuite, va donc faire leur fête
Aux gougnottes cadenassées, les gouinettes.
Ôte la coquille de ces jolies moules,
Et balance leurs strings rouillés dans la foule.

Suspénis A peine initiées au don d’orgasme, hélas,
Il nous faut renoncer à la saphique extase.
Dégoupillées, déboussolées, dégougnottées…

Suspénis + …Nous ne savons plus à quel sexe nous vouer.

Sotopine Mais d’une chose au moins tu peux être bien sûr :
Lesbos t’a menacé d’une vraie mort sûre. 
Nous sommes convaincues, elle reste notre reine.
Jusqu’en Amazonie nous suivrons cet hymen.
N’espère rien, nous ne branlerons plus du chef.
Et mêm’, nous te quittons, ô roi Phallus le bref ! 2

ACTE IV, scène 5 (Sphincter, Phallus)

Sphincter Laisse filer ces trois bisexuelles en rut,
Reste concentré, crois-moi, n’oublie pas le but.
Attention, tu dois, de Némée, étouffer le lion !

ACTE IV, scène 6 (Sphincter, Tréponème, Phallus)

(Tréponème, déguisé en lion, saute sur Phallus qui l’étouffe
négligemment, avant de repartir en zigzagant vers les coulisses).

3

ACTE IV, scène 7 (Sphincter, Phallus, Prépus)

Et dompter le taureau du dieu Poséidon ! 4
(Prépus, déguisé en taureau, agresse Phallus qui l’esquive avec sa cape
et lui passe au cou une laisse ridicule. Prépus, démasqué, reste
honteusement debout dans un coin de la scène pendant que
"l’action" continue…)

ACTE IV, scène 8 (Sphincter, Phallus)

Il me faut maintenant délivrer Testicule,
Prisonnier de l’Enfer et de ses tentacules.

(Phallus quitte la scène -éclairage rouge et fumigènes- puis y ramène
Testicule hébété).

ACTE IV, scène 9 (Testicule, Sphincter, Phallus)

Testicule Ah, je maudis le jour où mon gracieux Sphincter 5
Rencontra ce Phallus, coincé dans les waters.
Depuis ce moment là, il colle à cet eunuque,
Le gâte avec ses mains en massages de nuque.
Plein d’une insupportable et vaine vacuité,
Traînant en solitaire de bordel en palais,
J’avais fini, déçu, par plonger en enfer,
Où jamais ne pourrais refroidir mon sphincter.
Quand soudain apparut mon vrai maître, Phallus,
Un grand piquet de greffe pointé vers Uranus.
son accélérateur de lourdes particules
M’a laissé trop d’échardes, plantées, dedans le cul. (il sort)

Sphincter Il a donc repoussé, le royal obélisque ?

Phallus Ce fier sortilége qui me tient lieu de sceptre
Devra être classé monument historique !
Il est vraiment solide, érigé comme un hêtre.

ACTE IV, scène 10 (Sphincter, Phallus, Clitoris)

(Clitoris entre en caracolant, Phallus la pourchasse jusque dans les
coulisses tout en déclamant) :

Je vais sans ramollir empaler cette bich’.
Tes fines cornes d’or et tes puissantes mich’s
Vont enfin renforcer ma collec’ de trophées.
Quand à moi, enfoncer, je me suis bien trop fait. 6

ACTE IV, scène 11 (Sphincter, Phallus, Tréponème)

Sphincter Pour estoquer la biche, tu t’es montré brillant.
Sauras-tu prendre aussi le sanglier vivant ?

(Tréponème, déguisé en sanglier, bondit sur scène. Phallus le capture
sans problème, lui enléve son masque et l’attache par le cou à Prépus).

7

Tréponéme Pauvre Tréponème, démasqué par mon roi,
Obligé de subir la pression de sa loi !
C’est grâce à Testicul’, qu’il savait tout, Phallus :
sur mon projet de putsch avec le vil Prépus ;
Le zo’ mythologique déchainé contre lui ;
Son peuple et son armée qui menaçaient sa vie…

Phallus Vous voici devant moi tous enfin réunis,
Mais je n’vois plus d’amis dans ce vil ramassis !
Je dois tous vous punir et prouver ma puissance
En vous faisant bosser, méprisable engeance.
Toi, Prépus l’éboueur, plonge dans la chienlit,
Va nettoyer cette fosse, c’est vraiment l’incurie.

Prépus O dieux, remonterai-j’ un jour de ces abysses ?
Paphos est un cloaqu’ qui refoule la pisse.
Si j’en ressors vivant je renierai ma foi
Et ne serai jamais plus valet d’aucun roi. 8

Phallus C’est à toi maintenant, général Tréponème…
T’as levé contre moi toute l’armée que j’aime.
Je t’envois pacifier Paphos notre ville,
Emprisonner tous les politiciens séniles,
Couper les dix mille têt’s toujours repoussantes
De cette hydre visqueus’ cruelle et menaçante.

(Tréponème fourrage quelques secondes en lisière des coulisses, pendant
que Vénus brandit 9 doigts).

9
Quant à moi, il me rest’ à tuer un tyran.
Tu n’te sens pas visé, infidél’ vétéran ?

Tréponème Moi, le guerrier rose, écœuré des humains,
Sans guide et sans amour je me prends par la main.
personne ne massera plus le vit à Trépo,
Je veux, tout seul, passer de la vie à trépas. 10

(Il meurt en se faisant hara-kiri et reste en tas au milieu de la scène
pendant que tous sortent, sauf Phallus, très excité).

ACTE IV, scène 12 (Vénus, Clitoris et Phallus)

Vénus Es-tu donc si pressé de voir réincarné
Ton grossier god’miché en pur bois de pêcher ?
Je te sens frétillant, aurais-tu réussi ?

Phallus Comment faire autrement, j’étais à ta merci.
Me rendras-tu enfin le braqu’mar de mes rêves,
J’en ai marr’ de ce cep, même gonflé de sève !

Vénus Il faudra patienter, vérifier sur la liste.
Hercul’, bien avant toi, motivé par sa bite…

Phallus … Je ne veux plus qu’on m’em…bête avec cet Hercule !

Vénus Nous verrons ça… Clito, où en est le cumul ?

Clitoris Avec un tel courage… il mérite sa ré…

Vénus L’amour t’aveugle donc, ou tu l’aides à tricher ?
Alzheimer me frôle, je n’ai vu que dix tests !

ACTE IV, scène 13 (Vénus, Phallus)………final.

Phallus Quelle mauvaise foi, aurais-je peur du reste !
Embrocher les oiseaux du lac de Stymphalle ?
Facile : Cupidon, arc, flèche, et trou de balle… 11
Les pommes d’or du jardin des Hespérides ?
Voilà pour les pommes, et l’abricot bien humide… 12
Enfin, j’ai réussi, tu viens de me le rendre
Mon bel entrain magique qui vers toi va se tendre.
Tu me vois en vainqueur, je le lis dans tes yeux,
Voudras-tu devenir ma divin’ récompense ?

Vénus Puisque je vois ici une vraie turgescence,
Emmène-moi au ciel, demi-dieu de mes deux !
Il me reste là haut de vieux comptes à régler
Avec quelques machos qui se croient bien montés.

RIDEAU

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