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L’ambivalence du risque

mardi 4 avril 2006, par puiseux

Voici un texte que j’aimerais avoir écrit :

Vouloir bannir tout risque de l’existence individuelle et collective, c’est la condamner à l’immobilisme. Car si la société doit garantir à ses membres la possibilité d’aller et venir sans être mis en danger les uns par les autres ou par l’environnement commun, elle ne saurait interdire aux individus de sortir des sentiers balisés quand ils sont seuls en cause et placés sous leur propre responsabilité.

Ainsi, le rôle de la loi est-il de définir des bornes permettant à la collectivité d’évoluer en sécurité - et non de guider toute l’existence des individus. Il importe de maintenir la tension, forte assurément, entre la nécessité de définir les conditions de la sécurité publique dont toute société a besoin, et la nécessité de respecter la liberté individuelle qui fait de chaque adulte le seul responsable des paroles et des actes qui ne concernent que lui-même.

C’est dans cette perpective que nous voulons mettre l’accent sur la double nature du risque.

En effet, celui-ci comporte deux versants.

Le premier versant auquel tout le monde pense d’abord est tourné vers le danger, l’accident et la mort possibles ; c’est un versant qui provoque le rejet et la réprobation du plus grand nombre ; on y rencontre l’appareil judiciaire qui tend à pénaliser non seulement la mise en danger d’autrui, mais la prise de risque elle-même.

Mais l’autre versant du risque est tourné vers un possible surcroît de vie. C’est le versant de la découverte, de l’invention, d’une dynamique à maîtriser ; il motive et réjouit, pique la curiosité et incite à aller plus loin. Le risque est ici un facteur d’épanouissement de la personnalité. Il a valeur éducative. Il va de pair avec le développement individuel et collectif.

Il s’apparente au « beau risque » dont parlaient les sages d’autrefois. Il suppose que les espaces de surprises, de risque et de liberté responsable ne soient ni méprisés ni bannis.

Naturellement, les deux versants sont inséparables l’un de l’autre. Il ne faut donc pas laisser croire qu’en condamnant le premier (à coup de règlements, d’arrêtés et d’interdits), le second peut être préservé et même accrédité. Le danger et le risque cohabitent nécessairement, quand bien même le danger doit-il être écarté et le risque mesuré, accepté ou refusé.

C’est pourquoi, en affirmant la valeur du risque avec son double aspect, et en revendiquant un droit au risque (à la prise de risque), les alpinistes défendent non seulement l’alpinisme, mais une qualité de la vie des individus et de la société, où le plaisir et l’effort se mêlent au besoin d’entreprendre et au refus du statu quo. Loin d’encourager le « laisser faire n’importe quoi », les alpinistes savent que l’acceptation du risque exige la capacité d’évaluer les situations et de prendre ses responsabilités. Ce sont des exigences qui s’imposent aussi dans l’existence professionnelle, sociale et politique. Encore faut-il en faire l’apprentissage et les cultiver. À cet égard, la montagne est une école.

Taupin Daniel 2003-08-12

8 Messages

  • L’ambivalence du risque 10 avril 2006 23:30, par Bernard

    Moi aussi, j’aurais aim crire cet article,

    Dans ma conception, la vie est comme une onde, les moments difficile succdent aux moments de joie et de pleinitude.
    Si l’onde s’aplatie, on risque l’asphixie, si elle s’amplifie, on risque la perte de soi.... ou la pleinitude.
    Il est sage de connatre l’amplitude que l’on veut donner sa vie, en clair, de mesurer le part de risque que chacun veut prendre.
    Le risque est dangereux, a c’est acquis, mais prendre des risques, on risque dtre heureux.
    Vive le risque, donc !
    Un jour, j’ai pris un risque qui m’a paru motivant avant, dmesur quand j’en ai emprunt le mauvais ct de la pente, le ct dangereux. Et pourtant, que d’enseignements d’avoir pris ce ct l, malgr moi !
    J’ai pris le risque de me faire mal, je me suit fait mal ; oui, mais l’onde a pris son lan vers le bas pour mieux remonter. Elle a pris de l’ampleur, comme la respiration !
    J’ai failli me perdre, et je suis content et en paix avec moi de l’avoir fait, car je suis plus fort et plus riche de l’avoir vcu !

    Bernard

    Ps : J’aime beaucoup ces phrases que j’ai trouv dans ton site :
    * Il n’y a pas de libert sans risques, c’est pourquoi il est sage d’oser. (Lanza del Vasto)

    * Celui qui ne meurt pas pour quelque chose meurt pour rien. C’est pourquoi je tiens qu’il est plus sage d’oser.

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  • L’ambivalence du risque 16 avril 2006 10:44, par claude

    Vive la libert, nous les risques
    Osons, osons OK, mais pas sans bisquit, sagesse

    http://www.pbase.com/jmollivier/ima...

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  • L’ambivalence du risque 16 avril 2006 10:46, par claude

    Damned Pierre, qui a pris la libert d’oser parler vos fesses plutt qu’ votre tte ?
    Un sage, un insolent, une amoureuse ?

    http://www.pbase.com/jmollivier/ima...

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  • L’ambivalence du risque 16 avril 2006 10:53, par claude

    Monsieur le Professeur en plein cours.
    Oserai-je ?
    Vous tes magnifique, Pierre

    http://www.pbase.com/jmollivier/ima...

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    • L’ambivalence du risque 17 avril 2006 09:49

      Oui, qui me parle ?
      On se connait ?
      Parlez sans crainte, mon enfant...

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        • L’ambivalence du risque 25 avril 2006 01:05, par puiseux

          Oh... un canadien ? une canadienne ? C’est trs exotique et follement excitant, tous ces mystres.

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          • L’ambivalence du risque 25 avril 2006 09:13, par claude

            le canada ? pvre petit, you’re joking, calvenus ! vous gelez sacrment.
            Pendant ce temps-l, en Belgique

            "A l’instant mme o, sous moi, retentit le barrissement d’un Gastroentritus Rex, je constate que, supersaperlipopette, il n’y a plus de papier-fesse.

            D’exprience, je sais que pour achever de me torcher nickel la mode Mac Gyver, je dois faire l’offrande d’un calebard et de deux chaussettes aux canalisations. Il se trouve que, d’humeur printanire, je suis parti ce matin sans chaussettes, bite et couilles au libre sous le froc.

            a m’a tout excit, aprs, de me balader torse nu sous ma veste. J’avais les ttons tout durs.

            Puis c’tait beaucoup trop d’entretien, cette chemise en lin."

            Tiens, il est peut-tre venu le temps de la censure...

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